Big Eyes, le nouveau tableau de Tim Burton

Samedi dernier, je suis allée au cinéma avec mon amoureux (que j’ai légèrement forcé) voir Big Eyes, le dernier-né de la filmographie de Tim Burton ! La bande-annonce m’avait interpellée, et l’histoire me paraissait plutôt intéressante, et j’aime beaucoup Amy Adams et Christoph Waltz… Eh bien, je n’ai pas été déçue !

096747Un fait divers de la pop culture

On a déjà tous vu des images, tableaux, reproductions diverses représentant des personnages quelque peu inquiétants avec des yeux immenses et tristes. Ce qu’on ne connaît pas, c’est le nom de la femme qui les a dessinés. Big Eyes raconte ainsi l’histoire de Margaret Keane (interprétée par Amy Adams – American Bluff, Il était une fois), peintre mondialement connue pour ses tableaux et dessins un peu kitsch mais qui font aujourd’hui partie de la pop culture et de l’inconscient collectif. Le film commence en présentant Margaret, jeune Américaine fraîchement divorcée et passionnée de peinture. Accompagnée de sa petite fille, Jane, elle débarque à San Francisco dans l’espoir d’un nouveau départ. Très vite elle rencontre Walter Keane (joué par Christoph Waltz – Inglorious Basterds, Django Unchained), baratineur et peintre raté, qui lui fait la cour et ne tarde pas à la demander en mariage, en lui promettant confort et sécurité pour sa fille. Une fois mariés, Walter encourage Margaret à exposer ses tableaux et ainsi à faire connaître son talent. Mais la timide Margaret ne parvient pas à parler de son art en public afin de vendre ses tableaux ; c’est alors que Walter prend le relais, en s’attribuant peu à peu les œuvres de sa femme… Commence ainsi l’une des plus grandes arnaques de l’histoire de l’art.

Un Tim Burton pas très burtonien ?

Cela faisait plusieurs années que je n’avais pas vu de Tim Burton au cinéma – depuis Alice au Pays des Merveilles en 2010, en fait. Si j’adore les Burton des débuts (Beetlejuice, Mars Attacks, Batman Returns…) je me suis un peu désintéressée de ses dernières œuvres. Alice au Pays des Merveilles m’avait déçue, et je n’ai pas été voir Dark Shadows, qui ne me disait absolument rien. À mes yeux, Tim Burton était tombé dans l’excès, dans l’exagération de son propre style. J’étais donc très intriguée par la bande-annonce de Big Eyes, qui ne ressemblait pas aux Tim Burton habituels. Et c’est le cas ! On est loin des univers fantasmagoriques aux personnages à la fois attachants et creepy… En apparence. Car si Big Eyes se passe dans la réalité, les décors sont très colorés, pastels, presque enchantés (surtout la scène de début qui m’a plutôt marquée visuellement). De plus, les personnages ont quelque chose d’un peu théâtral et étrange, qui posent – que ce soit Walter lorsqu’il débite ses boniments, ou Margaret dans sa réserve. C’est aussi quand leur équilibre mental vacille qu’on reconnaît la patte familière de Tim Burton. À part ça, pas de magie ni d’univers parallèle, si ce n’est dans les tableaux mêmes de Margaret, qui font écho aux univers de Burton avec leurs décors sombres et leurs personnages aux grands yeux. En revanche, la musique, bien que composée comme d’habitude par Danny Elfman, n’est pas plus marquante que ça ; seule la chanson Big Eyes de Lana del Rey détone réellement, et colle d’ailleurs parfaitement au film et au réalisateur.

« Woman power » 

Au premier abord, Margaret apparaît comme la femme fragile par excellence, qui se laisse dominer et s’efface derrière la personnalité exubérante de son mari. Elle ose à peine prendre la parole pour le contredire, et semble accepter le fait qu’il parle mieux qu’elle de ses propres tableaux. Encore une fois, on découvre que les apparences sont trompeuses, et que Margaret s’inscrit bien dans la lignée des héroïnes de Tim Burton : le film commence par son émancipation, lorsqu’elle quitte son mari, ce qui est un acte très fort, surtout dans les années 1950 où le divorce était très mal considéré. De plus, la jeune femme n’accepte jamais le mensonge de son mari : dès le début, elle montre un profond malaise et lui demande pourquoi il s’attribue ses œuvres. Donc, même si elle le laisse agir, elle n’accepte pas ce comportement, cette arnaque qu’elle réprouve vivement. On assiste pendant le film à sa prise de conscience et surtout à sa maturité. C’est une femme profondément forte, moderne et intelligente, malgré son apparente naïveté, comme Sally (L’Etrange Noël de Monsieur Jack), Kim (Edward aux Mains d’Argent), Victoria (Les Noces Funèbres)… Et c’est pourquoi, malgré tout on s’attache à elle, et on veut absolument savoir comment son histoire se termine !720x405-MCDBIEY-EC008_H

Et vous, vous avez vu ce film ?

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