The Affair : mon bilan mitigé

Après les nombreuses récompenses et les critiques positives que j’avais entendues à l’égard de la série The Affair produite par Showtime (les producteurs de l’excellente série Masters of Sex), qui a battu même True Detective, j’étais très curieuse de regarder cette série. Elle n’est pour l’instant composée que d’une saison de 10 épisodes de 50 minutes. On l’a regardée en une semaine avec mon copain, et, comment dire… C’était décevant. Je m’explique.

THE AFFAIR

Une intrigue classique et poussive

Dès le premier épisode, on voit que les deux personnages principaux, Noah et Alison, sont interrogés séparément par la police à propos d’une histoire remontant à quelques années : leur liaison. S’ensuivent alors des flashbacks dans lesquels ils racontent tous deux comment ils se sont rencontrés : Noah, marié et père de quatre enfants, vient à Montauk passer ses vacances en famille dans la maison de ses beaux-parents. C’est là qu’il rencontre Alison, elle-même mariée, avec qui il va avoir une aventure. Ce qui ne devait être qu’un flirt estival va faire basculer leurs vies et détruire leurs familles respectives. Jusqu’ici, rien de nouveau sur le soleil, c’est on ne peut plus banal comme scénario. Il y a même des scènes carrément clichés. Les choses se « compliquent » au fil des épisodes, quand leurs conjoints apprennent leur liaison notamment, mais aussi quand on comprend que si Alison et Noah se font interroger par la police, c’est dans le cadre de l’enquête sur le meurtre de Scotty Lockhart, frère du mari d’Alison. On s’attend donc à ce que le dernier épisode apporte une révélation importante, le dévoilement du meurtrier… Et bien non. On n’en sait pas plus à la fin de la saison qu’au début, et je vous avoue que ça nous a laissés complètement sur notre faim ! Je ne vous en dis pas plus pour ne pas vous spoiler, bien sûr 😉

Mais sinon, l’intrigue avance vraiment trèèèès lentement. Il faut comprendre que ce n’est pas une série à la Breaking Bad, où les événements s’enchaînent et nous tiennent en haleine du début à la fin. Il faut voir The Affair comme une série où tout est dans l’ambiance, un peu à la manière de Masters of Sex, en fait. En soi, ça ne me dérange pas, je n’ai pas passé un mauvais moment non plus, mais certaines personnes, comme mon copain, n’accrochent pas à ce genre de série.

 Une structure originale, mais parfois confuse

Chaque épisode est divisé en deux parties : la version de Noah, et celle d’Alison. Ce qui est intéressant dans cette structure, c’est qu’on remarque aussitôt que les deux protagonistes ont des versions complètement différentes de ce qui s’est passé ! Tellement différentes que ça ne peut pas être qu’une question de ressenti : l’un des deux ment sûrement. Mais lequel, on n’en sait rien. Ce choix du réalisateur est très troublant car du coup, on n’est jamais sûr de ce qui s’est vraiment passé, et j’ai trouvé ça original et intrigant ! Néanmoins, ça explique que l’intrigue soit très lente : comprenez que pour chaque événement ou presque, on a la version de l’un puis celle de l’autre, ce qui forme une sorte de répétition (même s’il ne s’agit pas tout à fait des mêmes faits, comme je vous disais).

Le problème réside principalement dans l’utilisation à foison des flash-backs et des flash-forwards, qui peuvent clairement être déroutants, notamment vers la fin de la série : on est parfois perdu dans la narration, et on ne sait plus trop à quel moment de l’histoire on se trouve à force d’aller et venir entre le passé, le présent et le futur… Bref, le découpage peut prêter à confusion, et c’est un peu dommage, même si j’imagine que c’était nécessaire à la complexité de l’histoire.

 565261

Des personnages complexes, mais peu sympathiques

Passons enfin aux personnages. Globalement, ils ne sont pas très nombreux, la série fonctionne presque en huis-clos. Les deux personnages principaux sont donc Noah et Alison. Lui est New Yorkais, marié depuis la fac et père de quatre enfants. Elle est mariée aussi et a toujours vécu dans son petit village vacancier. On comprend dès le début qu’Alison est une jeune femme tourmentée, et on apprend très vite pourquoi : elle a perdu son fils, mort noyé à l’âge de 4 ans, deux ans avant les événements de la série. Elle ne s’en est toujours pas remise et ce drame ronge sa vie et surtout son couple. À cause de ça, c’est peut-être plus facile de s’attacher à elle, même si elle reste un personnage très ambivalent, entre séductrice et victime, et que son caractère et ses erreurs peuvent agacer. Noah, en revanche, m’est beaucoup plus antipathique : écrivain raté, dépassé par sa vie, un peu goujat, enchaînant les erreurs… Peut-être que la série voulait le montrer comme un gars désœuvré et mal dans sa peau, gentil et maladroit, mais personnellement je n’ai pas réussi à le trouver attachant : au contraire, il m’est limite apparu comme un sociopathe ! Mais étant donné l’intrigue, c’est sans doute un peu voulu.

Quant aux autres personnages, ils ne sont pas forcément plus agréables : la femme de Noah, Helen, est rabat-joie et insupportable (même s’il y a des moments où on la comprend carrément !) ; le mari d’Alison, Cole, est assez ambivalent, entre amoureux transi de sa femme et personnalité violente, voire dangereuse. Les enfants de Noah, ainsi que ses beaux-parents, sont globalement sous-exploités ou caricaturés (l’archétype même des beaux-parents extrêmement riches et méprisants, qu’on ne peut pas aimer donc). Et cette remarque est valable pour la plupart des autres personnages, qui sont soit fades, soit extrêmement antipathiques. Bref, comme vous l’avez compris, c’est difficile de parvenir à apprécier les personnages, et le bon jeu des acteurs n’y change rien.

Verdict ?

Je ne peux pas dire que je n’ai pas passé un bon moment, ce serait mentir : ça se regarde bien et ce n’est pas prise de tête non plus. Mais je crois que je m’étais fait de grands espoirs sur cette série, après tout le succès qu’elle a reçu récemment et le fait qu’elle ait damé le pion à True Detective. Je regarderai certainement la saison 2 quand elle sortira, toutefois je ne l’attends pas en trépignant d’impatience non plus…

Et vous, vous connaissez cette série ?

Publicités